MASSE MONETAIRE: PETITE ANECDOTE

Publié le par kurt saturax

Voici une petite histoire, trouvée sur un forum et tirée du livre "Un regard citoyen sur l'économie" de AJ HOLBECQ...

L'augmentation de la masse monétaire actuelle, décriée par certains (dont moi) n'a peut être pas que des inconvénients... tant que la confiance est là bien sûr... en tout cas, ça porte à réfléchir...

 

La Dame de Condé

Nous sommes à Condé-sur-Gartempe. Son hôtel de la Gare est réputé pour ses ortolans et sa discrétion...! Un vendredi après-midi débarque une jeune femme, d’apparence convenable, bien qu’un peu trop fardée.
Elle réserve une chambre pour la nuit et, comme elle n’a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 euros, tout neuf. Puis elle s’en va visiter la vieille ville.
Le pâtissier qui a vu la scène dit au patron: « ça fait six semaines que vous me devez 100 euros pour la pièce montée que j’ai livrée à l’occasion de la communion de votre fille. » Le patron lui donne le billet de bonne grâce.
Comme cette scène a été vue par d’autres, elle se reproduit cinq nouvelles fois, car le pâtissier devait aussi 100 euros au minotier... qui en devait autant au garagiste... lui-même débiteur de cette somme au boucher... qui avait à régler 100 euros au représentant de la maison Erlida... lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l’hôtel de la Gare pour 100 euros.
Il redonne donc le billet au patron de l’hôtel.
Notre Dame revient de promenade. Elle annonce, qu’ayant fait une rencontre, elle annule sa réservation. Ce qui arrange bien l’hôtelier qui, entre temps, a eu une demande d’un de ses vieux clients. L’hôtelier lui rend donc son billet qu’elle brûle aussitôt.
« Il était faux », dit-elle en souriant.

Moralité de cette histoire

- Pourquoi un faux billet a-t-il été capable de catalyser autant d’échanges?
Parce qu’un billet est de la monnaie fiduciaire (du latin fiducia: confiance). C’est exclusivement une « valeur de confiance » entre les membres d’une communauté. Dans un autre pays il n’aurait pas été accepté. Un billet faux perd « sa valeur » seulement au moment où il se révèle faux et n’est plus accepté par celui qui le reçoit. C’est celui qui le détient en dernier qui assume la perte. Dans cette histoire il n’y a pas eu de perte sauf pour la Dame de Condé qui savait de toute façon qu’il était faux.

- Serait-ce qu’il y a carence de pouvoir d’achat dans notre société?
En effet la Dame de Condé, en réservant sa chambre, a accru de 100 euros la masse monétaire du village, ce qui a permis à six personne d’éteindre réciproquement leur dette pour un montant total de 600 euros La « qualité » de la monnaie utilisée, bonne ou mauvaise, est indifférente.

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Publié dans INFLATION-DEFLATION

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G
Réponse au commentaire 8 qui me répondait.<br /> <br /> Plouf, plouf. Peut-être (surement) me suis-je mal exprimé. Je refais donc un essai. Ce que Kurt et vous (Max) dites, c'est que cette histoire est une espece d'allégorie illustrant la fiduciarité de la monnaie. On peut voir les choses comme cela, mais vous ne m'oterez pas de l'idée que ca n'était pas le but premier de cette histoire. Je pense plutot qu'il s'agit d'une énigme qui propose à l'auditoire de trouver comment de l'argent a ainsi pu être créé. Mon message expliquait où est l'enterloupe (que j'appelais paradoxe dans mon mail précédent) et pourquoi aucun argent n'a été créé, c'est tout.<br /> <br /> Ce qui va dans mon sens, c'est que plusieurs commentaires laissent à penser que certains ont réellement cru que de l'argent avait été créé !!!<br /> <br /> Je connais une autre énigme dans le même style, et qui me semble être un peu plus fine (je viens de la retrouver en googlant). Je la soumet à votre sagacité. Peut-être y verrez-vous une allégorie intéressante sur l'état du marché immobilier, mais je vous assure qu'il s'agit juste d'une énigme-enterloupe ;-)<br /> <br /> "Trois clients entrent dans un hôtel. Ils demandent une chambre à trois lits. Le réceptionniste leur annonce que la chambre coûte 30 F. Chacun des trois clients donne une pièce de 10 euros. Mais le pauvre diable s'est trompé, la chambre ne coûte que 25 euros. Or cinq francs à diviser en trois c'est pas évident, alors il décide de rendre à chacun des clients une pièce de 1euros, et lui se garde 2 euros de pourboire. Chaque client a donc payé 9 euros. Ils ont donc payé la chambre 3 x 9 = 27 euros Plus les 2 euros de pourboire cela fait 29 euros... où est passée la dernière pièce de 1 euros ?"<br /> <br /> Amicalement,
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L'hôtelier a perdu 100 € dans cette histoire, car il se retrouve sans les 100 € que venait de lui payer Herilda !! Même si au départ il a pu payer le gateau. Si le billet ne lui aurait pas été retourné, il aurait du rendre un billet (faux ou vrai) à madame !!
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T
Kurt, il y a une différence ENORME, c'est que dans la vraie vie le billet n'est pas brûlé mais au contraire devant sa remarquable efficacité on en émet un autre...
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K
oui, c'est un fait... tant que la confiance est là... mais ensuite?<br />  
M
Belle chute en effet. C'est comme le jeu de la chaise musicale. Le merveilleux dans tout ce processus c'est que cela permet aux USA d'exporter leur inflation dans le reste du monde et de ne jamais à avoir à payer quoi que ce soit. La Dame de Condé demeure-t-elle par hasard en 2006 à New York?
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M
"C’est celui qui le détient en dernier qui assume la perte"<br /> <br /> Voilà une belle chute ! <br /> <br />
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