AXE IRAN-CHINE: QUELQUES PRECISIONS

Publié le par kurt saturax

Voici quelques précisions de Km, au sujet de l'axe Sino-Irannien...

Bonjour à tous,
 
Suite à la première analyse bien incomplète, les lecteurs se sont posés de nombreuses questions.
 
Parmi elles deux sont récurrentes à savoir la fameuse Bourse de pétrole Iranienne (IOB) et l’alliance militaire sino-iranienne qualifiée même « d’Ovni » par l’un des lecteurs.
 
Si la réponse à la première question est maintenant claire, un doute subsiste certainement dans l’esprit de beaucoup au sujet de l’alliance militaire entre la Chine et l’Iran.
 
C’est sur ce thème que je vais vous apporter quelques compléments d’informations qui permettront de compléter et d’enrichir l’analyse initiale.
 
Doit-on parler d’alliance ou d’accord de défense Sino-iranien, ou devrait-on plutôt envisager l’existence d’un axe Moscou-Pékin-Téhéran ? A cette question je répondrai par des éléments étayés avec des liens Internet qui vous permettront d’exercer votre propre faculté de jugement et d’appréciation.
 
Nous pourrions commencer par cette déclaration
 
Conférence de presse du ministère des Affaires étrangères de Chine   2005/06/07 
 
Q : La conférence des ministres des Affaires étrangères OCS a décidé d'accorder le statut d'observateur au Pakistan, à l'Inde, à l'Iran et autres pays. Cela aura quelle influence sur la lutte anti-terroriste et sur la préservation de la paix et la sécurité de la région dans le cadre OCS ?
 
R : Le Pakistan, l'Iran et l'Inde sont des pays d'influence majeure dans la région, nous saluons et soutenons que les trois pays deviennent observateurs OCS. Au cours de la conférence des ministres des Affaires étrangères OCS tenue le 4 juin à Astana, toutes les parties sont tombées à un accord de principe d'accorer le statut d'observateur à ces trois pays, cet accord de principe attend la décision officielle faite par le sommet OCS qui aura lieu début juillet à Astana. La partie chinoise est convaincue que le statut d'observateur de Pakistan, Iran et Inde accélérera davantage la coopération entre OCS et ces trois pays.
 
Vous trouverez sur le lien suivant l’intégralité de ce discours. Il s’agit du site du Ministère des affaires étrangères chinois que je vous invite vivement à consulter. En plus il est rédigé en grande partie en français.
 
 
 
Il devient indispensable de comprendre ce qu’est l'Organisation de Coopération de Shanghai ou OCS.
 
 
Fondée le 15 juin 2001, l'Organisation de Coopération de Shanghai (OCS) compte aujourd'hui six pays membres, qui sont :
 
-          la Chine ,
 
-          la Russie ,
 
-          le Kazakhstan,
 
-          le Kirghizistan,
 
-          le Tadjikistan
 
-          l'Ouzbékistan.
 
 
L’OCS est une organisation régionale de coopération multilatérale, créée sur la base d'un mécanisme de concertations des chefs d'Etat.
 
Cette organisation prône un nouveau modèle de coopération régionale et un nouveau type de rapports entre les Etats.
 
« Les pays membres ont renforcé leur coopération sur le plan militaire et intensifié leur collaboration dans la lutte contre le terrorisme, le séparatisme et l'extrémisme, parvenant ainsi à un consensus sur un soutien mutuel en vue de prévenir et de résoudre pacifiquement les conflits d'ordre international ».
 
 
 
 
Autre élément de compréhension de cette organisation :
 
 
« A la lumière de "l'esprit de Shanghai" basé sur la confiance mutuelle, les avantages réciproques, l'égalité, les consultations et le respect d'une civilisation multiple, l'OCS s'est appliquée à promouvoir l'établissement d'un nouvel ordre politique et économique, équitable et raisonnable, dans le monde, contribuant par là au maintien de la sécurité et de la stabilité dans la région ».
 
 
Lors du sommet de l'OCS à St Petersbourg, en Russie en juin 2003, les dirigeants des six Etats membres ont signé trois importants accords à caractère légal et politique :
 
-          "Charte de l'Organisation de Coopération de Shanghai"
 
-          "Accord sur les organismes de lutte contre le terrorisme dans la région"
 
-          "Déclaration des chefs d'Etat des pays membres de l'Organisation de Coopération de Shanghai".
 
 
Pour information en octobre 2002, la République populaire de Chine et la République du Kirghizistan ont mené des manoeuvres militaires conjointes contre le terrorisme à leur frontière (les premiers exercices militaires conjoints, grandeur nature, effectués par l'armée chinoise avec une armée étrangère)
 
 
 
 
Ces faits sont d’une portée bien plus grande que l’attention des médias occidentaux à leur égard. Enfin, le Président chinois Jiang Zemin signe à Moscou un Traité d’Amitié Sino-Russe.
 
 
Après l’effondrement total de l’URSS en 1991, le monde semblait pour la majorité devenu unipolaire. Une seule puissance dominante, un seul économique: les USA et le capitalisme.
 
 
Ces événements sont donc avant tout révélateurs d’un contre-courant qui se manifeste de plus en plus clairement. En Asie des pays s’engagent sur la voie d’une coopération réelle, afin de se soustraire à l’emprise occidentale. A ce niveau de la réflexion il convient de faire le parallèle indispensable avec l’émancipation réelle de la tutelle de l’Oncle Sam que connaît l’Amérique latine au sens large avec son chef de file Hugo Chavez en particulier.
 
 
L’Organisation de Coopération de Shanghai doit être vue comme la naissance d’un poids lourd et d’un contrepouvoir majeur.
 
 
L’Occident a préféré ignorer l’événement. Les rares commentaires de la presse y sont néanmoins éloquents. Le New York Times résume le traité en ces termes: «ils s’engagent à s’opposer ensemble au système de sécurité internationale que les Etats-Unis veulent mettre en place; il les unit dans leur opposition aux plans de missiles américains et lie la Russie encore plus solidement à la revendication chinoise de souveraineté sur Taiwan; il renforce la coopération militaire entre Pékin et Moscou ». 
 
 
A Moscou, la population exige que Poutine prenne plus de distances par rapport aux Etats-Unis, surtout depuis les bombardements de la Yougoslavie et le soutien de l’Otan aux mouvements séparatistes en Tchétchénie et Asie centrale. Elle aspire à ce que le pays renoue les liens avec ses anciens alliés: l’Inde, la Corée du Nord, Cuba, l’Irak – et aussi la Chine. Différents milieux, tant dans la bourgeoisie que dans l’armée, sont las des humiliations infligées par la politique « complaisante » d’Eltsine à l’égard de l’ouest et souhaitent retrouver la grandeur de l’Union Soviétique, à commencer par un redressement réel de l’économie (c’est ce qui explique les renationalisation de Poutine dans le secteur énergétique qui a permis l’augmentation très importante des salaires des russes en 2005, information là encore passée sous silence en occident.)
 
 
La Russie désire absolument rentabiliser ses ressources d’énergie et de minerais, sans que celles-ci ne tombent sous la coupe des Etats-Unis. Car Washington fait tout pour mettre la main sur les gigantesques réserves de pétrole, de gaz et de minerais du Caucase, de la Sibérie – entrant d’ailleurs en concurrence avec l’Europe à ce sujet.
 
 
Enfin le 7 juillet 2005 
 
 
L’intérêt de cette réunion de l’OCS/SCO est essentiellement les propos qui y ont été tenus. Il présente clairement une tonalité extrêmement anti-américaine, avec la demande que les Américains évacuent les bases qu’ils ont établies en Asie centrale depuis l’invasion de l’Afghanistan.
 
 
Voici le texte sur la réunion de l’OCS/SCO.
 
 
« , and the Central Asian states told U.S.-led troops on Tuesday to fix a date for their departure from military bases in Central Asia that were set up to support operations in in 2001. The operates military airbases in and — two of the five ex-Soviet Central Asian states that still views as its backyard and where , seeking oil and gas, is an increasingly vocal player. The call was made at a meeting in Kazakhstan of the Shanghai Cooperation Organisation (SCO), which groups the five former Soviet ‘stans’ with Russia and China, and against the backdrop of veiled criticism of Western influence in the region. “Member states of the SCO believe that participants in the anti-terrorist coalition should define a deadline for the temporary use of infrastructure and their military presence on SCO member state territory,” a joint SCO declaration said. Sergei Prikhodko, an aide to Vladimir Putin, said the call was being made since active operations in were coming to an end. “No one is telling them it should be tomorrow, in a month, in five months or in a year and a half, but it's just straightforward that SCO members know by when the anti-terrorist coalition will leave,” he said. Vladimir Putin and Chinese leader Hu Jintao joined other regional leaders in making the call just a day before they were both due to meet President Bush in at a Group of Eight summit. Bush has shown no sign of wanting to give up the bases. The military has already had to reorganise operations in authoritarian , which introduced limitations on flights to the U.S. Karshi-Khanabad airbase following Western criticism of a bloody government suppression of a rebellion in the eastern town of Andizhan .
 
 
» Speeches by Hu and Uzbek President Islam Karimov included veiled criticism of Western influence in Central Asia . They follow hawkish comments by Russian officials criticising attempts by unspecified foreign forces to destabilise the region, rich in oil and gas reserves. The region, to the east of the Caspian Sea, has been unsettled by the violence in Andizhan , where witnesses say 500 people were killed in a massacre. The government says only 176 people were killed, in a police operation against ‘terrorists’. Protests and a coup in Kyrgyzstan this year and peaceful democratic revolutions in Ukraine and Georgia before that have also unnerved Central Asia's long-serving rulers, none of whom has won an election judged free and fair by Western monitors. Karimov, in an apparent jibe against the West, said outside forces were seeking to stir up trouble. (They) “aim to create a situation of so-called manageable instability and ... foist on us their own model of development,” he said. 's Hu, who cordially received Karimov on a state visit following the Andizhan violence, said the Central Asian states should choose their own path. “The people of Central Asia are the only masters of their destiny,” he said, speaking through a Russian interpreter. “They are wise and free enough to put their own houses in order.” »
 
 
 
En conclusion l’essentiel à retenir dans tout cela, c’est qu’il convient de surveiller tout ce qui touche à l’évolution de l’OCS. Cette organisation conçue dès le départ pour servir de rempart à la toute puissance américaine devrait connaître de fortes évolutions dans les mois à venir. L’Iran deviendra « observateur » à compter du moi de juin 2006, tous les évènements récents, militent pour la formation d’une alliance Iran, Russie, Chine afin de marginaliser et d’affaiblir les Etats-Unis.
 
 
Je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire. Je ne juge pas, ni ne cautionne, j’expose des faits et des alliances objectives entre pays.
 
 
Enfin, il conviendra pour améliorer encore la compréhension des relations actuelles étudier les interdépendance entre la Syrie , l’Iran, et Israël.
 
En effet si le Hamas s’est engagé dans un processus électoral ce n’est pas un hasard et cela fait partie d’une stratégie bien plus vaste visant à se mettre en position de « fixer » et « d’immobiliser » sur le territoire même d’Israël sa propre armée. Mais c’est là encore un autre sujet tout aussi passionnant!
 
Km.
 
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Publié dans GEOPOLITIQUE

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J
Bernanke est-il prêt ?<br /> <br /> Analyse de R.J.SCHILLER qui reprend les faits évoqués ici (sans les nommer) et bien d'autres. <br /> <br /> http://www.project-syndicate.org/commentary/shiller33/French<br /> <br /> Article disponible en plusieurs langues. Sinon le site est une mine d'analyses.<br /> <br /> enjoy. jpg
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K
merci, je vais regarder ça...
T
Certes beaucoup d'informations paraissant convergente, mais sur le fond, le monde ne me paraît pas aussi instable que les positions affichées ici où là pourrait le laisser penser. Car toutes les économies sont imbriquées. La chine, sans doute, n'hésitera pas à faire au mieux de ses intérêts. Mais n'a t-elle pas besoin - pour le moment au moins - d'une Amérique et donc d'un $ - non affaibli pour maintenir sa croissance ? Bien sûr ce n'est pas forcément le cas de l'iran.
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P
Qu'on vienne à s'intéresser à la géopolitique par le problème du Pic de Production Pétrolière (comme moi) ou par le problème de la bulle immobilière, qu'importe. Tout est lié. <br /> 2005 fut passionante, 2006 le sera encore plus. Voir effrayante. Merci Kurt de t'être fait le relais de KM. Le monde change à une vitesse folle. Il est plus que jamais important de se tenir au courant.
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K
Oui, tout ça est passionnant... le plus dur est d'essayer de garder notre objectivité..
M
Nous nous éloignons de la bulle immobilière mais qu'importe! Disons qu'il y a une analyse assez intéressante à faire ici. La Chine en ce moment a tellement de dollars US, qu'elle ne sait qu'en faire.<br /> <br /> Eh bien celle-ci a décidé de les recycler dans sa zone d'influence qu'est les steppes d'Asie Centrale. C'est génial lorsque l'on y pense. <br /> <br /> Au lieu d'envahir avec des chars d'assaut, des bombardiers et des troupes comme les Américains, celle-ci avec son surplus commercial monstrueux avec l'ouest mais surtout les USA, a tout simplement décidé d'acheter son influence et les dirigeants de ces pays. Cela leur permettra d'obtenir des resources comme le pétrole, le gaz, mais aussi des métaux, à des coûts minimes et sans verser une seule goutte de sang. On se sert de la devise US pour battre les USA! <br /> <br /> Le lien avec la bulle immobilière? Il faudra s'attendre à ce que beaucoup moins d'argent arrive dans les coffres du trésor américain pour financer son déficit monstrueux. Alors les taux d'intérêts n'ont pas fini de monter. Et c'est justement l'effort de diversification des placements du gouvernement chinois qui dégonflera la bulle orgiaque chinoise.
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K
Personnellement, je pense que la bulle immobilière qui nous intéresse n'est qu'une petite partie de quelque chose de beaucoup plus gros...